Les méthodes d’auscultation des réseaux routiers, et l’interprétation des données d’auscultation, pour définir des indicateurs pertinents constituent l’un des sujets principaux du projet DVDC. Les méthodes d’auscultation sont nécessaires à la fois pour connaître l’état d’un réseau, et permettre une meilleure gestion préventive de celui-ci, et pour réaliser des diagnostics plus fins, à l’échelle d’une section de chaussée, pour évaluer sa durée de vie, ou définir les besoins de maintenance ou de renforcement.

Même si la connaissance du Réseau Routier National (RRN) a été abordée par l’IQRN il y a 20 ans, la démarche reste insuffisante pour caractériser l’état structurel d’un réseau. Ces réseaux routiers ont par ailleurs montré leur fragilité et le risque d’apparition de dégradations pendant et à la sortie de l’hiver.

dvdc_curviametreLes méthodes d’auscultation ont par ailleurs évolué ces dernières années ainsi que les appareils de mesure, grâce en particulier à des progrès importants en matière de capteurs, de méthodes de mesure et de traitement informatique des résultats. Il est donc important :

  • de faire un état de l’art et une évaluation des nouvelles méthodes d’auscultation qui semblent les plus intéressantes ;
  • de faire évoluer la doctrine, en matière de procédures d’auscultation et d’analyse des résultats de mesure ;
  • de redéfinir de nouveaux indices structurels, permettant de qualifier l’état des réseaux, pour les besoins de gestion (évaluation des durées de vie, définition des priorités de travaux).

Dans le projet DVDC, il a été décidé de travailler sur plusieurs types de méthodes d’auscultation, qui apparaissent comme les plus prioritaires, pour l’évaluation de l’état structurel des chaussées :

  • les relevés des dégradations visibles en surface ;
  • l’amélioration de l’interprétation des mesures de déflexion, notamment à l’échelle d’un réseau ;
  • l’amélioration de l’utilisation et de l’exploitation des mesures RADAR, notamment pour la détection de décollements d’interfaces, ou d’autres défauts internes des chaussées ;
  • l’utilisation d’autres types de méthodes non destructives, pour l’évaluation de l’état structurel, et la détection de dégradations internes des chaussées.

Enfin la définition d’indices structurels pertinents, adaptés à chaque type de réseau, et la proposition de méthodes pour le suivi de leur évolution constituent l’aboutissement de ce thème.

Par ailleurs, les travaux menés dans DVDC ne s’intéresseront pas à l’évaluation de caractéristiques de surfaces telles que la macrotexture, l’adhérence ou le bruit.

Retour d’expérience sur la connaissance de l’état du réseau

L’objectif de cette première partie est de bien définir les besoins des Maîtres d’ouvrage en matière d’auscultation et de suivi, pour les différents types de réseaux, en prenant comme point de départ les pratiques actuelles. Cette investigation pourra être menée en s’appuyant sur les documents existants (Etat), les réflexions en cours (telles que l’étude GEPUR – Gestion et Entretien du Patrimoine Urbain et Routier) et par enquête auprès des gestionnaires. Les objectifs principaux seront :

  • de mieux connaître les besoins des donneurs d’ordre en matière d’auscultation et de suivi, en distinguant l’urbain de l’interurbain, et les niveaux de service visés (suivant l’importance de la voie) ;
  • de réaliser également un retour d’expérience, sur l’auscultation de différents réseaux, ou différentes sections de chaussées, afin d’évaluer les possibilités et les limites des moyens d’auscultation existants, et d’orienter les travaux de recherche et d’optimisation de ces outils.

L’enquête auprès des maîtres d’ouvrage devra démarrer dès le début du projet, car elle conditionnera les travaux ultérieurs.

Méthodes de mesure et d’auscultation in situ

Ce deuxième sujet est plus « amont », et vise à travailler sur la mise au point et l’amélioration de différentes méthodes d’auscultation, qui apparaissent les plus pertinentes pour l’évaluation de l’état structurel des chaussées. Le travail proposé portera sur :

  • l’amélioration des méthodes existantes les plus utilisées, que sont les relevés des dégradations de surface et les mesures de déflexion. L’évolution des méthodes de relevé de ces dégradations, et des outils de traitement des données nécessitent de revoir les méthodes de collecte et d’analyse des résultats de ces essais ;
  • la mise au point et l’évaluation d’autres méthodes non destructives, pour la détection de défauts structurels, tels que des décollements, ou des fissures internes ;
  • la recherche de solutions alternatives d’auscultation, adaptées notamment aux réseaux secondaires, par des méthodes basées sur l’utilisation de véhicules traceurs. Il s’agit d’évaluer l’état d’un réseau non plus en utilisant des véhicules d’auscultation dédiés, mais par l’utilisation de véhicules traceurs (flotte de véhicules d’une entreprise, d’un service technique de département, etc..), équipés de capteurs d’un coût relativement limité, qui, lors de leurs déplacements, fournissent des mesures sur l’état du réseau parcouru.

Indices structurels

Pour permettre l’évaluation de l’état d’un réseau routier, il est nécessaire de travailler à l’échelle des indicateurs élémentaires, quantifiant un phénomène physique, ainsi que sur leur évolution en fonction de différentes variables explicatives (durée, trafic, cycles climatiques, etc.). Beaucoup de travaux ont été réalisés dans ce domaine.
Il reste toutefois à définir des indices structurels adaptés aux besoins des gestionnaires, leur permettant d’assurer une gestion optimisée de leur réseau routier, et sur l’évolution de ces indices.

Par ailleurs, si aujourd’hui différentes méthodes existent, notamment la méthodologie IQRN largement déployée sur le territoire, aucun indicateur « standard » permettant une comparaison de l’état de différents réseaux routiers n’a été défini.